mercredi 23 avril 2025 à 20h30
Causerie Populaire autour du Vivant
Le Mercredi 23 Avril à 20h30 au local La Commune, le groupe la Sociale de la Fédération Anarchiste organise une causerie-débat autour du thème du vivant.
A l'heure de la 6° extinction des espèces, le capitalocène étend son emprise sur l'ensemble des êtres vivants sur la planète.
En partant de l'ouvrage "Champs de Bataille, l'histoire enfouie du remembrement" de Inès Léraud déjà autrice en 2019 de Algues vertes, l'histoire interdite et autour de "Raviver les braises du vivant, un front commun" du philosophe Baptiste Morizot , nous évoquerons de façon très concrète l'impact de l'homme sur son environnement, et des manières d'envisager une "réparation" des dégâts engendrés.
Le remembrement fut un regroupement de parcelles agricoles qui entraîna la disparition des talus, murs, pierres sèches, haies, mares, arbres, chemins. Ce faisant, l'Etat redessina le foncier agricole, réorganisa la propriété des terres agricoles au sortir de la 2d guerre mondiale, en France. C'est l'Etat français de Vichy qui fit le lit de l'agriculture extractiviste, intensive et productiviste avec de lourdes conséquences sur les paysages et les paysans.
Dans les régions de bocage, la résistance s'organisa alors contre le remembrement, entrainant des formes inédites de répression.
Le remembrement a laissé des traces sur l'ensemble du vivant, causant la diminution du biome (ensemble d'écosystèmes), allié de l'agriculture.
Aujourd'hui des réflexions sont en cours pour "réparer" les dégâts causés par une certaine forme d'activité humaine. Des actions concrètes sont également menées pour "redessiner" les paysages en vue de raviver la biodiversité pour une agriculture plus soutenable.
Le remembrement s'inscrit dans la pensée occidentale classique, dans laquelle depuis l'époque judéo-chrétienne et a fortiori depuis la révolution française, le rapport de l'humanité à son écosystème fut celui de la domestication et la domination au nom de la civilisation et du progrès. Les projets politiques du 19° et 20 ° siècles s'inscrivent pour la plupart dans cette filiation.
Il est maintenant évident que le prédateur ultime du vivant est aussi celui qui est en capacité politique de décider et de mettre en œuvre des mesures de vie en commun de l'ensemble des espèces vivantes.
Si l'exploitation des ressources naturelles en vue d'engendrer des profits au bénéfice d'une partie infime de l'humanité est la cause des problèmes environnementaux actuels et à venir, alors la survie du plus grand nombre d'êtres humains passe nécessairement par l'annihilation du capitalisme.
Nous discuterons donc naturellement du renouvellement d'une pensée et d'une action anarchiste visant à inclure la question du rapport de l'humain à l'ensemble du vivant.