mercredi 11 novembre 2026 à 10h
Journée Antimilitariste
« La guerre c'est un massacre
De gens qui ne se connaissent pas
Au profit de gens qui toujours se connaissent
Mais qui ne se massacrent pas » (Paul Valéry)
Même si le S.N.U (Service National Universel) n'est plus reconduit, la rentrée scolaire 2026 a été marquée par la volonté du gouvernement, en lien avec le ministère des armées, d'instituer une cérémonie commémorative, à partir du CM1, autour du 11 novembre. Annoncée au même moment que le service national volontaire destiné aux 18-25 ans, cette mise en scène oblige les élèves à écouter les discours des autorités civiles et militaires, à dire « morts pour la France », puis à respecter une minute de silence, avant de chanter la Marseillaise.
Le dispositif des classes sécurité défense globale (CSDG), associe une classe à 1 ou 2 unités militaires locales pendant trois ans, pour participer à divers projets, échanges et cérémonies. Lancé en 2005, ce projet atteint désormais 1200 classes, soit 32 000 élèves, en 2025-2026. Baptisée « éducation à la défense », cette mesure est, dans les faits, une offensive contre la jeunesse au service de la propagande militariste.
Si l'école était déjà un réservoir d'embrigadement et de sélection pour l'économie, il tend de plus plus à devenir un espace d'acceptation de la guerre.
Mais cette rentrée a aussi été marquée par la mobilisation lycéenne et celle des manifestations des derniers week-ends. Le système scolaire qui sert notamment à reproduire les classes sociales existantes tout en prêchant les vertus de la résilience, du mérite par le travail, de la justice. L'écart entre le discours et la réalité fait parfois éclater la colère. Une bonne partie de la jeunesse a décidé de relever la tête, de s'organiser, de bloquer les portes du bahut et de s'exprimer dans la rue. Les gouvernements ont beau se succéder, ils donnent tous l'impression qu'il n'existe plus que des lignes de flics entre eux et la population. Des milliers d'arrestations, des incarcérations, des plaquages, des coups, des grenades et des mutilations, voilà pour l'essentiel de leur réponse.
Même si en France, deuxième état exportateur d'armes au monde, on ne vit pas sous les bombes, la surenchère guerrière bat son plein. Ça commence par les mots qu'on fourre dans les esprits pour nous faire peur. Pour dissuader la contestation. Pour nous faire croire que c'est pour notre bien qu'on doit se réfugier derrière la bannière de l'unité nationale. En Europe, les uns veulent se doter de la meilleure armée du continent d'ici 2030, pensent à rendre obligatoire le service militaire, réorientent l'industrie vers les débouchés militaires. Les autres se procurent des avions capables de transporter des armes nucléaires. Les gouvernements japonais, chinois, russe, étasunien, européens et bien d'autres investissent massivement dans leurs armées. Pendant ce temps-là des millions de civils fuient les conflits armées quand d'autres sont massacrés.
Dans ce contexte puant, où le gouvernement va-t-il aller chercher les dizaines de milliers de réservistes espérés? Dans la jeunesse. L'armée française, comme celles de l'Otan, a changé depuis quelques décennies et soigne de plus en plus son apparence et sa communication. Professionnalisation, séduction des jeunes ados, promesse de carrière, d'aventure… Le soutien en milliards d'euros (au détriment du soin et de l'éducation notamment) pour alimenter l'industrie de guerre nous le rappellent : qu'elles soient humanitaires, défensives ou offensives, les conflits entre États ne sont pas dans nos intérêts. Mais plutôt en faveur d'une minorité de parasites qui détiennent à la fois le pouvoir politique et la puissance économique.
Le capitalisme, qu'il soit blanc bleu rouge ou jaune et bleu, n'a pas d'autres projets que de nous embarquer dans sa course au bellicisme. On nous a séparé.es en « nationaux » contre « étranger.es », en exploitant les ressorts nationalistes et xénophobes. Mais sans l'adhésion de la population ça ne marche pas. De la désertion au refus de s'engager ou de laisser entrer les militaires à l'école, des actes et des paroles se libèrent. Il nous faut se défaire de la mentalité bourgeoise et refuser la guerre qu'on nous concocte. La bourgeoisie nous montre sa véritable facette, son fanatisme le plus barré : celui de nous sacrifier pour la nation, de nous faire crever pour sa survie.
Ces intérêts ne sont pas les nôtres. Comment espérer créer un véritable rapport de force sans généraliser les luttes des dominé.es ? Avons-nous d'autres choix que de dire non à la guerre entre les peuples et nous organiser contre la classe au pouvoir ?
Rencontrons-nous le 11 novembre à Rostrenen pour s'interroger et en discuter. Merci de vous garer sur le parking à l'angle de la rue Olivier Perrin et René le Magorec.
Source : message reçu le 30 octobre 23h